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Etat des lieux de la croissance des TPE de l'artisanat et du commerce de proximité en 2017


La dernière enquête de l'Observatoire de la petite entreprise (FCGA : fédération des centres de gestion agréés-Banque Populaire) indique que les TPE de l'artisanat et du commerce n'ont pas grandement bénéficié du retour global à la croissance observé en 2017. Des secteurs se sont toutefois démarqués, portés par une conjoncture favorable et une capacité d'adaptation plus importante.




La Fédération des Centres de Gestion agréés (FCGA) et son partenaire Banque Populaire ont présenté le 27 avril la dernière enquête de l'Observatoire de la petite entreprise, révélant les tendances de l'activité des TPE de l'artisanat et du commerce de proximité, pour l'année 2017.

Réalisée tous les ans, cette enquête qualitative (car basée sur les déclarations TVA des entreprises collectées sur le terrain par la FCGA) passe au crible douze secteurs d'activité. Elle analyse l'évolution du chiffre d'affaires de quelque 150 000 TPE, dont 98% d'entreprises individuelles. 

Activité en recul, malgré la reprise de la croissance

En 2017, l'activité globale des TPE de l'artisanat et du commerce de proximité a enregistré une baisse de 1%. Loin d'être mauvais, ce chiffre marque une progression, car en 2016 l'activité était chiffrée à -1.9%. Néanmoins, il est le signe que l'activité des TPE reste frémissante : 56% des TPE du bâtiment, des services, et commerces ont ainsi connu une baisse d'activité l'an dernier. 

Les résultats des TPE contrastent avec les chiffres de la croissance présentés en mars par l'Insee : +2% en 2017, soit la meilleure progression de l'économie française en six ans. 
"En période de crise, ce ne sont pas les TPE qui profitent de la hausse de croissance : même si elles s'en sortent pas mal, elles ne sont pas dans la mouvance des chiffres nationaux", note Yves Marmont, le président de la FCGA, 
Nasser Negrouche, rédacteur en chef de l'Observatoire de la petite entreprise, rappelle quant à lui que l'activité des TPE "n'est pas tributaire des données macroéconomiques, qui n'ont pas d'effet d'entrainement immédiat". 

Des chiffres à relativiser

"La dynamique économique s'est débloquée depuis l'élection présidentielle : le moral est davantage au beau fixe", nuance Yves Marmont, pour qui "la tendance de fond va dans le même sens". "Les TPE résistent à la morosité et semblent même retrouver un élan prometteur après plusieurs années difficiles", assure-t-il. 

Ce recul global d'activité peut en outre être pondéré par plusieurs éléments  dont la baisse, l'an dernier, du nombre de défaillances d'entreprises, ou encore la hausse de l'investissement aux entreprises, que Banque Populaire chiffre à 1.4% en flux (entre décembre 2016 et 2017).

Palmarès des secteurs

Sur les douze secteurs analysés, quatre enregistrent une nette hausse : 
  • les parcs et jardins (végétalisation des villes, chèques spécifiques chez les particuliers, personnes âgées...) : +2.2% (+0.6% en 2016)
  • les services : +1.6% (-0.4% en 2016)
  • les transports : +1.1% (-2.6% en 2016) 
  • les cafés hôtels restaurants : +0.2% (+0.1% en 2016)

A contrario, cinq secteurs sont en recul :
  • la culture et les loisirs, sauf vente de cycles : -4.4% (en 2016 : -0.1%)
  • l'équipement de la maison : -2.7% (-0.2%)
  • la beauté-esthétique : -1.1% (+0.6%)
  • le commerce de détail alimentaire : -0.7% (-0.4%)
  • la vente et la réparation auto : +0.2% (+0.9%) 

Trois secteurs améliorent leurs performances
  • l'artisanat du bâtiment : -1.3% contre -2.1% en 2016. Alors qu'en 2016 aucune activité n'était dans le vert, en 2017 deux professions renouent avec la croissance : les entreprises de terrassement et des travaux publics (+3.8% contre -1.8% en 2016) et les carreleurs-faïenciers (+0.4%, contre -1.4%).
  • l'équipement de la personne passe de -3.4% (2016) à -2.2%
  • les métiers de la santé : -0.6% contre -1% en 2016

A savoir que certains métiers de l'alimentaire (pourtant "résistants" à la crise), tels que les crémiers-fromagers ou les cavistes, n'ont pas enregistré en 2017 de bond de leur activité. Cela peut s'expliquer par la stabilisation de leur trésorerie. 
Aussi, ces métiers "accueillent de nouveaux entrants, qui arrivent avec une méthode de travail en rupture avec les artisans et commerçants traditionnels", note Nasser Nagrouche. Ces néo-artisans "s'emparent des nouveaux leviers de croissance, comme le numérique ou la communication sur les réseaux sociaux". 

Tops et flops

Sur le podium des professions les plus porteuses en 2017, nous retrouvons : 
  1. les agence immobilières, stimulées par les taux bas : +9.4% (300 000 transactions supplémentaires)
  2. les commerces de cycles, dopés par les ventes de vélos électriques et les aides de l'Etat : +4.5% (230 000 ventes en 2017)
  3. les entreprises de terrassement et travaux publics, augures des mises en chantiers : +3.8% 

Et dans le "top 3" des professions en peine : 
  1. les ventes d'électroménager TV Hifi, les boutiques de proximité ne bénéficiant pas du dynamisme des grandes enseignes, et souffrant de la montée en puissance de circuits parallèles (marché de l'occasion ou du partage, porté par un engagement éco-responsable) : -7.2%
  2. les librairies, qui font face à la concurrence féroce de la vente en ligne et des grandes surfaces culturelles, malgré le développement d'offres événementielles (dédicaces, soirées thématiques...) : -6.2%
  3. les débitants de tabac-journaux-jeux, lésés par la hausse du prix du tabac et les ventes de cigarettes électroniques : -5.9% (5 000 points de vente pourraient disparaître d'ici 2020 selon la Fédération des buralistes d'Ile-de-France). 

Perspectives 2018

Selon les prévisions de la FCGA, basées sur les chiffres de l'Insee, la croissance devrait se poursuivre en 2018, pour s'établir à -0.4% d'activité. La croissance pourrait se redynamiser au second semestre.

Le tout, sous réserve de la bonne santé du bâtiment... En effet, rappelle Yves Marmont, les TPE du secteur vivent "sous perfusion" et se maintiennent grâce à des dispositifs incitatifs tels que le CITE, le PTZ, ou le Pinel.
--> https://bit.ly/2jBJxT1

Dans le secteur alimentaire, les prévisions restent bonnes, car y subsiste une "permanence d'adaptation de l'offre à la demande". Des modes de vente, tels que la vente directe (comme en gare) ou en drive, boostent les petits vendeurs. En outre, note le président de la FCGA, "on assiste à une montée en gamme chez ceux qui résistent à la crise : ils prennent ainsi un avantage sur la concurrence". 

--> sources https://www.lemondedesartisans.fr/actualites





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